Les Ferrari évoquent immanquablement des chiffres à donner le vertige et des ventes aux enchères dignes des films hollywoodiens. Pourtant, une énigmatique 328 GTS reste au garage, boudée par les acheteurs… malgré un prix « cassé » parmi les plus bas du marché. Lumière sur un mystère mécanique qui intrigue et agace tout à la fois.
Ferrari : la légende, mais pas pour tous les modèles
À peine le nom Ferrari prononcé, on pense à des voitures hors de prix, réservées à une élite et à quelques collectionneurs fortunés. Les anciennes Ferrari, à l’image de certains modèles mythiques chez Mercedes, Bugatti, Aston Martin ou Porsche, font exploser les compteurs lors des ventes aux enchères. Et parfois, c’est la panique sur le marteau : qui n’a pas entendu parler de la Ferrari 330 LM / 250 GTO, récemment vendue par Sotheby’s pour plus de 47 millions d’euros ?
Pourtant, toutes les Ferrari ne sont pas logées à la même enseigne. Actuellement, c’est une 328 GTS qui fait le buzz… non pas pour sa valeur astronomique, mais parce qu’elle ne trouve pas preneur, même à prix bradé. Oui, vous avez bien lu : elle fait de la peine au showroom, la pauvre !
Une 328 GTS à moins de 90 000 dollars : une affaire ?
On pourrait pourtant croire que décrocher une vieille Ferrari pour un peu plus de 81 000 euros (exactement 87 900 dollars américains), c’est une proposition raisonnable pour qui rêve d’apposer le Cavallino Rampante sur sa voiture. D’autant que, quelques mois auparavant, le propriétaire en réclamait plus de 90 000 dollars, soit plus de 84 000 euros : coup de ciseaux dans le prix !
Malgré cette baisse, le carnassier des enchères reste muet. Le silence assourdissant autour de cette offre surprend, car la somme exigée est bien inférieure aux montants qu’on a l’habitude de voir pour ce type de sportive italienne. On serait tenté de croire à une aubaine, mais tous les modèles frappés du blason Ferrari ne prennent pas la même route vers la gloire (et la spéculation débridée).
Trop commune pour séduire ?
D’où vient donc cette indifférence persistante autour de la belle Italienne ? En premier lieu, il faut se rappeler qu’avec plus de 7 000 exemplaires sortis des chaînes de Maranello, la 328 n’a rien de la bête rare. Certes, certains modèles ont disparu dans des accidents, mais le marché reste largement fourni. La magie opère souvent chez Ferrari grâce à la rareté. Or, dans le cas de la 328 GTS, la production massive la rend beaucoup moins exclusive qu’un exemplaire unique ou quasi introuvable.
Par ailleurs, même avec ses qualités certaines, cette Ferrari-là ne fait pas tourner toutes les têtes. Loin d’être mal-aimée, elle bénéficie d’une très bonne réputation :
- Fiabilité supérieure à beaucoup d’autres modèles de la marque
- Entretien plus simple, donc frais réduits (un avantage non négligeable pour les propriétaires frileux du portefeuille !)
- Puissance respectable de 270 chevaux
- État impeccable de l’exemplaire actuellement en vente
Mais voilà, sur le marché, les 328 GTS plafonnent rarement au-delà de 80 000 euros d’après les tendances observées lors d’enchères récentes. Finalement, il s’agit peut-être de l’un des modèles les moins onéreux qui soient chez Ferrari. Ce paradoxe explique en grande partie pourquoi cette annonce ne déclenche pas d’euphorie.
Le syndrome de la carrosserie blanche
Et si la cause ultime du désamour était simplement… la couleur ? L’exemplaire mis en vente est blanc, là où la majorité des amateurs vénèrent le rouge iconique qui colle à la peau de la marque. Moins de panache, moins de « wahou » à l’ouverture du garage : certains puristes n’y verront même pas une vraie Ferrari tant le rouge leur semble indissociable du mythe.
En conclusion, cette 328 GTS accumule nombre d’atouts mais se heurte à la réalité d’un marché qui ne valorise pas la quantité, et qui préfère la passion à la raison. Si vous cherchez à accéder à l’univers Ferrari en limitant la casse sur votre compte bancaire, c’est peut-être le moment rêvé de regarder au-delà du mythe… quitte à adopter le blanc, pour une fois !

Ancien garagiste, Marc met à profit son expérience pour décrypter le monde de l’automobile. Il partage conseils, avis techniques et astuces d’entretien pour tous les conducteurs. Passionné de mécanique, il aime rendre la technique accessible à chacun.





