Peut-on vraiment s’évader tout un week-end sans recharger cette voiture ?

Peut-on vraiment s’évader tout un week-end sans recharger cette voiture ? C’est la question qui agite autant les souvenirs de bouchons sur l’A6 que les forums de passionnés de watt et de bordures de bornes. Pour tirer cette histoire au clair, voici un roadtrip en Kia EV6 qui n’a rien d’un jeu vidéo, surtout quand l’hiver pointe le bout de son nez !

La promesse électrique au banc d’essai

Avec sa gueule futuriste et son unique moteur de 229 chevaux alimenté par une batterie de 77,4 kWh (utiles, s’il vous plaît), la Kia EV6 propulsion pose un décor alléchant : jusqu’à 528 km d’autonomie sur le papier (WLTP), une consommation mixte de 16,5 kWh/100 km et la capacité de recharger de 10 à 80 % en 18 minutes via une prise CCS – à condition que les planètes, la température et la borne soient parfaitement alignées. Car, avant de rêver à un week-end zen sans recharge, un rappel aussi froid qu’un pare-brise en février s’impose : l’autoroute, c’est l’ennemi juré de l’autonomie, et notre périple s’annonce frisquet, entre -2 et 2 °C.

Voyage structuré : or-ga-ni-sa-tion et surprises

Direction Villechenève, village discret du Rhône, à 489,1 km de Paris. Pour ce périple, pas question de compter sur la magie de la navigation embarquée : on mise sur deux applications gratuites – ChargeMap et ABRP. On croise les résultats, compare les bornes et on opte pour les plus musclées du lot : les stations Ionity, capables de délivrer jusqu’à 350 kW. Petit challenge ajouté à cette escapade : pas de possibilité de recharger à destination. L’enjeu est double : profiter et anticiper.

Plan de bataille étoiles en poche :

  • Itinéraire établi sur deux applications complémentaires
  • Sélection des bornes compatibles avec la carte ChargeMap Pass
  • Favoriser les arrêts courts, loin des siestes prolongées sur parking

Premier arrêt à l’Aire de la Réserve à Précy/Vrin, tout juste après 131,4 km. L’idée ? Recharger ce qu’il faut (juste assez pour la prochaine borne), sans dépasser les 80 % afin d’éviter une chute de la puissance de charge et une facture qui grimpe aussi sec que la fameuse courbe. Cette micro-pause (6 minutes pour passer de 66 à 82 %) coûte à peine 5,40 €. La consommation moyenne grimpe à 19,1 kWh/100 km dans le froid, mais la feuille de route tient.

De Paris à Villechenève : confort, pauses et réalité de la recharge

L’étape suivante, l’Aire de Mâcon-St Albain, à 251,8 km, permet de savourer le confort bluffant de l’EV6 : silence, tenue de route, tranquillité absolue. Passage obligé, même si la batterie affiche vaillamment 22 % (contre 18 % prévus par les applis). Seul hic : impossible de recharger à destination, donc on gonfle prudemment jusqu’à 95 % pour anticiper la nuit glaciale promise à -10 °C. Ici, les 27 minutes prévues pour la recharge se transforment en 36 minutes. Facture : 32,20 €. Après 106 km de plus, l’arrivée à Villechenève se fait avec 79 % de batterie, et un chrono total de 6 h 04 entre embouteillages, pauses et quelques accélérations autorisées. Bilan face à un diesel ? L’électrique demande 42 minutes de plus pour s’imposer.

Retour, températures polaires et l’heure du verdict

Au petit matin, aucun électron envolé : stationnement nocturne conservé intact malgré le froid. Reprise de la route ! Une pause unique à l’aire des Lochères (218,8 km depuis Villechenève) laisse la batterie avec 11 % restants et une consommation générale de 19,9 kWh/100 km. De là, il reste 273,9 km jusqu’à Paris. Les applications suggèrent de recharger jusqu’à 85 % (prévoir un peu de réserve pour rendre la Kia aimablement chargée le lendemain). La borne livre vaillamment 151 kW (là où la fiche technique annonce jusqu’à 239 kW, mais les manuels sont toujours optimistes), et la pause dure 35 minutes (au lieu de 25 espérées). Coût : 31,10 €.

Côté addition, le week-end électrique sur près de 1 000 km aura coûté :

  • 68,70 € en “carburant” (presque un cinquième de batterie encore plein à l’arrivée)
  • 1 h 17 de plus qu’en diesel

Face à une routière diesel équivalente (6 l/100 km et un gazole à 1,72 €/l), l’essence du portefeuille serait de 101 €. On vous laisse faire le ratio plaisir/silence/économie…

Bref, partir sans recharger : mission (im)possible ?

Non, impossible de faire l’intégralité de ce week-end sans recharger, à moins de rouler sur l’élan ou d’emporter une rallonge de la Tour Eiffel à Villechenève. Mais difficile n’est pas impossible : avec deux bonnes applis, une carte de recharge multi-réseaux et un brin d’anticipation, la planification est reine, et le week-end s’annonce sans stress… sauf pour trouver un café ouvert à chaque pause.

Conseil final : Entrez vos étapes sur deux applis, vérifiez la compatibilité des bornes, surveillez les retours utilisateurs, et foncez… ou roulez zen, tout simplement. Car partir en électrique, ce n’est plus une expédition byzantine mais, enfin, un week-end à l’air du temps !

Ancien garagiste, Marc met à profit son expérience pour décrypter le monde de l’automobile. Il partage conseils, avis techniques et astuces d’entretien pour tous les conducteurs. Passionné de mécanique, il aime rendre la technique accessible à chacun.

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